• laurence villeneuve

La responsabilité partie 6 - D'une vie rétrécie à une vie élargie



Notre vie rétrécit par les choses qui ont été amené à notre conscient, qui rappelons le, n’est que restreint face à la grandeur de l’inconscient. Dans cette part non consciente, nous y avons, selon nos perceptions, nos traumas, nos croyances, nos émotions non vécues, le transgénérationnel, nos blessures etc. Avec ce bagage nous allons vivre une certaine vie plutôt qu’une autre. Nous allons nous créer un personnage, une personnalité et nous ne prenons pas la responsabilité de ce que nous avons mis au monde et donc de ce que nous vivons. Il nous reste la posture de celui ou celle qui subit, n’a pas eu de chance, a été victime.


Alors, soit nous tentons de nous battre contre ce que nous croyons extérieur à nous, soi nous nous y plions. Lorsque nous acceptons la responsabilité de notre vie, c’est-à-dire, qu’une part de nous a désiré ce que nous avons vécu, alors nous acceptons que nous ne sommes pas la victime d’un extérieur plus grand que nous et nous posons la décision d’être aux manettes de notre vie.


Non pas que nous contrôlons notre vie, mais nous agissons sur un filtre au travers duquel nous regardons la réalité.


Nous avons construit, jusque-là, notre personnage (notre personnalité pourrait-on dire) à travers celui ou celle qui :

· S’en remet malgré tout

· A été victime de…

· A été rejeté

· A été abandonné

· N’a pas été reconnu

· A été humilié

· S’appuie sur tout le monde ou l’inverse

· Survit, etc.


Et quand nous construisons ce personnage au fur et à mesure de notre vie, nous aurons besoin de continuer à le nourrir en vivant des choses en adéquation.


Par exemple, si notre personnage est épris de liberté, nous devrons vivre des choses qui nous coincent, nous limite, nous emprisonnent, ne nous autorise pas, etc.


La survie de notre personnage nécessite que nous ayons des œillères sélectionnant les choses qui vont avec lui. Il a constamment besoin d’être consolidé car, finalement, il n’a pas d’existence propre. Notre réalité est alors enfermante, rétrécie.


Même si nous changeons des aspects de notre vie, comme un déménagement, un changement de travail ou de conjoint(e), nous reviendrons au même résultat en vivant les mêmes sentiments, les mêmes luttes incessantes.


Elargir sa vie nécessite d’accepter que notre personnage ne soit pas aussi fort, stable ou cohérent qu’avant. Que nous trouvions aussi des exceptions aux règles de fonctionnement que nous avions toujours fixées ou suivies.


Nous avons alors à accepter l’idée que nous puissions être changeant(e), de penser au monde d’une certaine manière puis d’une autre, d’avoir été victime puis pas victime, de souffrir et jouir, de se sentir grand et petit, bref, accepter notre multiplicité. Alors nous perdons la solidité du personnage, le confort de notre vie habituelle et nous pourrons commencer à écarter les œillères et élargir notre monde.

A noter que nous pouvons avoir une vie rétrécie et joyeuse. La question se pose plus sur « Est-ce que je vais rencontrer des choses nouvelles à mes perceptions ou pas ? »


Dans nos vies rétrécies, nous pouvons avoir développé des stratégies pour nous trouver des excuses d’avance si on nous demande pourquoi nous agissons de telle ou telle manière, alors que nous savons très bien, au fond de nous, que nous allons mal agir selon nos valeurs. Du style : « Tu comprends je lui ai menti mais lui aussi l’a fait l’année dernière » ou « J’allais trop vite en voiture mais j’étais pressé(e) » alors que nous aurions partir plus tôt mais nous omettons sciemment de le dire. Ou « J’ai été exécrable avec vous mais j’ai eu une mauvaise journée au travail », etc.


Il est bien alors de prendre du recul et rigoler de soi-même en voyant nos modes de fonctionnement et laisser notre personnage perdre la face.


Pour élargir sa vie, voyons comment notre personnage fonctionne afin de prendre son contrepied. Répondre et agir en dehors de ce que nous faisons d’habitude. Voici quelques pistes :

· Changer d’avis en rapport à ce que nous avons toujours eu l’habitude de faire

· Renoncer à quelque chose

· Laisser quelqu’un prendre une décision que nous n’aurions pas prise si nous avons un personnage contrôlant(e)

· Abdiquer à un rôle habituel

· Être et faire autrement en s’ouvrant à de nouvelles possibilités

· Se surprendre, se dérouter, prendre des risques que nous ne prenons pas

· Se taire en laissant les autres prendre la place lorsque nous avons un fonctionnement de leader

· Renoncer à vouloir se mettre en protecteur si nous le faisons d’habitude

· Renoncer à avoir raison si c’est notre mode de fonctionnement, etc.


Beaucoup d’entre nous ont l’idée que choisir c’est renoncer car si nous choisissons l’option A, nous devons renoncer à l’option B. Essayons de voir les choses autrement : choisir, c’est ajouter une corde à son arc, ajouter un personnage à son panel.


Choisir quelque chose de nouveau, c’est s’engager et non renoncer. Et ainsi nous impactons le monde autour de nous et nous nous mettons, d’une certaine manière, au monde de nouveau en étant potentiellement une nouvelle version de nous-même. Nous ajoutons donc quelque chose au monde, nous élargissons le champ des possibles et ce n’est donc pas renoncer.


Choisir c’est le contraire d’attendre que la vie ou quelqu’un d’autre choisisse pour nous. Nous agrandissons notre monde. Nous devenons l’émetteur de celui qui pousse l’énergie de la création de notre vie.


Rappelons que choisir, ici, est vu comme choisir quelque chose que nous n’avons pas l’habitude de faire avec notre personnage habituel. Choisir ce n’est pas « Je vais prendre l’option A », mais « Je prends l’option A ». Ce n’est pas une décision mais une action.


Notre vie a pu se rétrécir à une vengeance, une blessure, une démonstration de qui nous sommes, ou même à un amant ou une maîtresse à qui nous pensons sans arrêt ou à attendre longuement que ceci ou cela se réaliser un jour. Il est donc conseillé, pour résumer, de poser une action ou non action qui dérangera nos habitudes.


Demandez-vous s’il y a un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ou même qui vous obsède dans la vie. Cela vous donnera des pistes.

Je vous coeurise.


Toute cette série d’article sur la responsabilité ont été inspiré de la pensée de Franck Lopvet, philosophe et clairvoyant, que j’ai trouvé particulièrement éclairants, inspirants et que je souhaite partager au plus grand nombre. Merci à lui.


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