• laurence villeneuve

Les émotions. Pourquoi ne pas les gérer comme on nous dit habituellement ?



Les émotions nous arrivent lorsque nous ressentons quelque chose par rapport à un évènement extérieur ou une pensée forte. Déjà c’est plutôt une bonne nouvelle car cela veut dire que nous sommes vivants !

Elles sont assez fugaces et ne durent que quelques secondes ou petites minutes. Par la suite, elles vont se transformer en sentiment que nous pouvons ressasser.

Déjà il est bien de poser que nous ressentons des émotions vraiment souvent. Juste, nous nous focalisons sur celles qui sont les plus fortes.


La thèse du développement personnel

Dans la plupart des thèses de développement personnel, on nous dit de voir quel message se cache derrière les émotions.

Il existe 4 émotions majeurs desquelles vont découler comme une palette de couleur toutes les autres émotions connexes.

Ces 4 émotions sont la joie, la colère, la peur et la tristesse.

Elles ne sont ni positives ni négatives en soi, elles sont là pour nous donner un message. Mais parfois le message nous est très désagréable.

Par exemple la colère va nous dire qu’une de nos valeurs n’a pas été respectée.

La peur va nous informer d’un danger réel ou potentiel, c’est-à-dire imaginaire. Notons, que de nos jours et dans notre société occidentale, plus de 95 % des peurs que nous avons sont imaginaires.

La tristesse va nous informer de la fin de quelque chose. Et la fin d’une situation veut dire que c’est le début d’autre chose qui reste à construire pour positiver.


La thèse de ne pas chercher à comprendre les émotions dans un premier temps

Maintenant nous allons voir une autre manière de voir les choses. Pensez que notre corps est un canal, comme s’il avait à l’intérieur un câble électrique permettant de faire passer du courant. Chaque émotion ressentie passe par ce câble. Cette émotion aura une intensité que l’on pourrait imager par une puissance comme des watts.

Notre canal a une certaine dimension. Il ne peut pas recevoir de charge supérieure à ce qu’il est programmé pour. Peut-être, dans notre analogie, qu’il ne peut recevoir qu’un maximum de 10 000 watts.

Une colère suite à notre vaisselle cassée par autrui pourrait être de 50 watts, le fait de se disputer fort avec un voisin aurait une charge de 300 watts. Bien sûr tout cela est subjectif et propre à chacun puisque devant une même situation, nous avons tous notre manière propre de réagir et ressentir les choses. Si votre vaisselle avait une valeur sentimentale très importante car elle vous vient de votre grand-mère adorée vous pourriez avoir une charge de 500 watts au lieu de 50 pour une vaisselle ordinaire.

Maintenant imaginez que vous vivez quelque chose d’affreux qui vous touche profondément. Le décès d’un proche aimé, ou bien votre conjoint que vous aimez qui vous quitte brusquement et que cette douleur émotionnelle de l’instant est telle, qu’elle fait 15 000 watts. Rappelez vous que vous êtes câblé que pour 10 000 watts.

Donc pour ne pas passer en surchauffe, votre système fait passer 10 000 watts d’émotion et stocke quelque part dans votre corps l’information des 5 000 watts restants. C’est ce qui est appelé la cristallisation d’émotion. Cette cristallisation va amener les maux psychosomatiques.

Notre corps va stocker toutes les émotions refoulées pour ceux qui n’expriment pas leurs émotions ainsi que celles trop fortes pour être absorbées par notre câble interne.

Ces maux psychosomatiques sont de plus en plus reconnus par le corps médical. Même si nous ne sommes pas tous d’accord sur les causes de ces maladies à aujourd’hui.

La nature étant bien faite, il y a un moyen de décristalliser ces émotions.

Chaque émotion, en plus de sa puissance a une note particulière que l’on pourrait comparer à une note de musique. Par exemple être ébranlé par un décès à la note Do, avoir peur de tomber malade a la note Ré bémol, être trahi la note Fa, etc.

Alors, pour reprendre notre exemple plus haut nous avons eu une forte émotion de 15 000 watts et nous en avons cristallisé 5 000. Disons que nous avons été trahis de manière très conséquente et que cette émotion avait la note FA. Et bien, pour décristalliser les 5000 watts restants, nous devons revivre une émotion identique de note FA. Nous n’aurons pas à revivre 5000 watts d’un seul coup, mais peut-être plusieurs fois 100 ou 200 ou 1000 watts pour arriver à un total de 5000 afin de tout décristalliser.


Comment faire alors ?

La première chose est d’accueillir l’émotion et de se laisser traverser par elle. Imaginons que vous êtes trahis par une personne et que cette émotion vaut pour 500 watts. Alors il ne vous restera plus que 4500 watts. Par contre, la refouler serait pire que tout puisque nous allons additionner cette émotion et que nous aurions alors 5500 watts.

Attention, la peur d’être trahis n’a pas la même note qu’être trahis. Nous devons vraiment ressentir la même note d’émotion que celle cristallisée au départ.

Certaines femmes mais surtout les hommes ont appris à bloquer leurs émotions. Et oui, nous avons souvent entendu par nos proches ou par la société, « ne pleure pas ! », « Soit fort, les hommes ne pleurent pas », « ce n’est pas grave », « tu en verras d’autres », etc. Bref toutes ces injonctions qui nous coupent de nos émotions. Nous savons bien qu’un petit enfant peut passer du rire aux larmes et vice versa pourtant.

Mais adulte, nous nous devons de rester stoïque et responsable face à toute situation. Et pourtant, cela nous nuit gravement puisque nous allons cristalliser. Le mieux, dans les moments d’émotion est d’aller s’isoler si cela est possible pour pouvoir se laisser traverser vraiment par l’émotion. Ainsi, nous ne la refoulerons pas et, si nous nous sentons bien entouré, et bien de l’exprimer tout simplement sans avoir à la refouler de peur de réflexion. Chez beaucoup, le mécanisme de refoulement est tellement ancré que nous refoulons direct sans avoir à faire d’effort !


Comment notre cerveau traite le réel et l’imaginaire

Une chose très intéressante à savoir est que le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire. Donc vous pouvez vivre des émotions en regardant un film, en lisant un livre, en écoutant de la musique par exemple ! Ainsi vous pouvez décristalliser inconsciemment des émotions et en plus sans que cela soit quelque chose qui vous soit arrivé à vous ! C’est gratuit et cela fonctionne tout aussi bien. Aussi nous pouvons être touché fortement par un fait divers qui est arrivé à d’autres, le mécanisme de décristallisation fonctionne de la même manière du moment que nous nous laissons vivre l’émotion.

J’ai toujours pleuré devant les films qui me touchaient et aussi en lisant des romans et bien, je me dis aujourd’hui que j’ai drôlement bien fait ! Mon entourage me guette et même parfois me fait des réflexions lorsque je me mets à pleurer devant un film et bien je leur ai tout simplement expliqué que c’était important pour moi. Je pense même dire aujourd’hui que je me sentais frustrée d’être coupée dans mes émotions.


Le Système Réticulé Activateur

Comme il est expliqué dans l’article sur le SRA (Système Réticulé Activateur) à paraître en septembre 2021, notre inconscient traite toutes les informations reçues (soit environ plus de 5000 par jour) et apporte à notre conscient ce sur quoi notre mental focalise mais aussi tout ce qui peut être refoulé. Nous aurons donc l’occasion durant notre vie de retrouver des situations similaires à l’émotion refoulée jusqu’à ce qu’enfin nous nous laissions traverser par l’émotion qui fut cristallisée. Et si nous continuons à résister (de manière inconsciente la plupart du temps) et bien nous cumulerons encore les cristallisations dans notre corps et formerons des maux divers et variés en fonction de la note de l’émotion.


Le refoulement et le corps

Plusieurs études ont été réalisées et nous savons aujourd’hui que certains organes sont touchés en fonction de l’émotion. Par exemple la vessie et les reins pour les peurs, le foie pour la colère, la tristesse pour les poumons, le stress pour le cœur et le cerveau, le cœur pour la joie, etc.


Les enfants et les émotions

Concernant les enfants, nous pouvons avoir tendance, lors d’un de leur chagrin, d’aller vers eux et de les consoler par des paroles rassurantes comme, « aller ça va passer ce n’est pas grave », « que ressens tu ? », « que s’est-il passé ? », « soit fort(e ) » ou même de minimiser. Ainsi nous les coupons de leurs émotions en passant par le mental et nous nous rassurons afin de pas nous sentir mal pour lui ou elle. Le mieux est de vraiment laisser l’enfant vivre son émotion. Et bien sûr, nous pouvons en parler après si nous le souhaitons.


S’aider soi-même pour aider les autres

Pour résumer, vivez et laissez-vous traverser pleinement par l’émotion lorsqu’elle se présente, votre santé vous en sera reconnaissante. Prenez soin de vous, de vos besoins et écoutez-vous ! Ce n’est pas un geste égoïste que de penser à soi. Une personne en pleine santé physique, mentale et émotionnelle saura bien mieux venir en aide à son entourage qu’une personne malade et dépressive !

Vous savez dans les avions, les stewards nous expliquent qu’en cas de dépressurisation nous devons d’abord mettre sur nous le masque à oxygène, puis ensuite le mettre sur notre enfant. En effet, comment ferait notre enfant si nous tombions inconscient avant de le lui avoir mis ? Et bien c’est ce concept qu’il est bien d’appliquer, à savoir prendre soin de soi pour être capable de s’occuper de ses proches.

Alors vous décidez quoi en rapport à vos émotions ? On en parle ?

Je vous coeurise


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