• laurence villeneuve

Quels sont les avantages à pardonner - Partie 1


Voici 2 manières de comprendre ce mécanisme psychologique pour nous rapprocher du pardon.

En partie 1, nous allons voir la méthode de ce que j’appelle « La vision cinématographique ».

En partie 2, les conséquences sur notre corps et les études réalisées sur le pardon via les neurosciences.


Qu’est-ce que le pardon (définition)


Le fait de ne pas tenir rigueur d'une faute ou d’un tort reçu.


Les problématiques face au non pardon


Le pardon est une chose bien difficile pour beaucoup d’entre nous. Une personne nous a fait du mal, parfois très profondément et même après beaucoup de temps, nous ressentons toujours de la colère, voire même de la rancœur et/ou une envie de vengeance.

Il est convenu depuis longtemps en psychologie que pardonner ne veut pas dire au sens strict du terme que nous sommes d’accord avec ce que nous avons subi mais plutôt que nous retrouvons, nous-même, une paix de l’esprit en pardonnant.

Cette paix de l’esprit nous permet un apaisement psychologique et physiologique comme nous allons le voir.


Partie 1 – La vision cinématographique



Imaginez être au cinéma à regarder un film où deux personnes se disputent. Au cours du film, vous avez eu l’occasion de connaître assez bien les deux personnages séparément et le fondement de leur dispute.

Lorsque vous analysez la scène vous pouvez vous mettre à la place de l’un ou de l’autre des personnages et penser que chacun a ses raisons d’en arriver là. Bien sûr, il y a des fautes mais nous pouvons humainement les comprendre lorsque nous avons un peu de recul sur la situation.


Restons sur des sujets de colère standards hors les grands traumatismes ou les actes de barbarie dans cet article puisque nous pouvons aussi avoir à faire à de grands malades qui ont pu perpétrer des actes d’une grande sauvagerie. Nous allons donc rester sur le spectre de rancœurs plus « standards ».


Prenons un exemple peut-être plus parlant. Imaginez un homme et une femme en 1968. Ils sont jeunes, sortent ensemble, font l’amour et la demoiselle tombe enceinte. Ce n’était pas prévu. Ils se marient un peu par obligation et ont une petite fille. Finalement, le couple ne tient pas mais le jeune homme est toujours amoureux de cette femme et cette petite fille lui manque beaucoup. Des fois, il est dans sa voiture et regarde la fenêtre de la chambre de cette petite fille en pleurant. Se passent quelques années.


Lui vient voir de temps en temps sa fille qui vit avec sa mère. Il voyage beaucoup pour son travail. Il la prend parfois aussi et la laisse souvent à sa propre mère. Quand il vient la voir ou la chercher, il n’a d’yeux que pour son ex-femme. Normal, il est toujours amoureux d’elle et n’a jamais pu vraiment créer des liens profonds avec sa fille. D’ailleurs, il n’a pas été éduqué ainsi. Les enfants, dans sa famille, « on ne s’en occupait guère ». Les enfants ne manquaient de rien mais on ne jouait pas avec eux, on ne parlait pas de « choses de grands » avec eux.


La petite fille, de son côté, reçoit beaucoup d’amour et d’attention de la part de sa mère et de sa famille maternelle. En grandissant, elle prend naturellement l’idée que son père ne l’aime pas et qu’il l’utilise pour reconquérir l’amour de sa mère. Elle nourrit donc une distance avec cet homme et le supporte de moins en moins. Il n’a jamais de temps pour elle. La colère et la rancœur sont là.


Il y aura des conséquences sur sa vie de femme avec les autres hommes et, en particulier quand elle aura des enfants. L’idée qu’un père est absent et est plus intéressée par elle que par ces enfants peut être. La recherche aussi, au travers de ses relations avec les hommes, d’une figure paternelle qui lui a manqué. Le manque de confiance dans la gent masculine, etc.


La méthode de la vision cinématographique


En ayant une vision cinématographique de haut, nous arrivons humainement à comprendre les deux aspects de la relation. Et pour autant, il n’en est pas moins vrai que les deux personnages souffrent. Que cette petite fille devenue femme puis mère a un poids de rancœur vis-à-vis de son père. Que ce père n’a pas su créer de lien avec sa fille et le regrette.


Alors voilà ce que je vous propose, essayez d’avoir une vision de haut en prenant compte de tous les paramètres qu’il vous ait possible d’appréhender dans vos propres histoires de colère ou rancœur.


Au final, nous pouvons dire que nous élaborons tous des stratégies pour être aimé. Celles-ci sont parfois compliquées et pour la plupart du temps inconscientes. Nous pouvons donc aussi faire du mal à une autre personne, il est bien d’en avoir conscience. En effet, pour obtenir l’attention de l’autre ou même son amour, nous pouvons aller dans la provocation et ainsi blesser l’autre.


Le choix est possible


Nous avons toujours le choix quant à la manière de réagir. Par exemple, nous pouvons décider de ne pas être touché par un acte désagréable ou au contraire l’être complètement. C’est en effet un choix que nous faisons et nous n’en avons pas toujours conscience car dicté par notre histoire et nos croyances.


Le premier pas est de déjà de se demander quelle(s) émotion(s) nous ressentons.

Ensuite de se détacher de(s) l’émotion(s) ressentie(s).

Puis de prendre conscience des possibilités du pourquoi l’autre a agi ainsi comme si nous étions un spectateur qui regarde un film et essaye de comprendre les acteurs mais surtout celui qui lui a fait du mal.

Prenez un autre angle de vue de l’histoire et voyez ce qui peut s’en dégager. Si vous ne voyez pas, vous pouvez vous faire accompagner afin de vous poser les bonnes questions.


Nous aurons donc face à nous 2 manières de voir les choses. Libre à nous de choisir la manière qui est la plus « banckable » pour nous. C’est-à-dire la thèse qui nous rapporte le plus de like lorsque nous racontons notre histoire aux autres.


Que veut dire obtenir des likes ?


Se positionner en tant que victime nous permet de continuer à obtenir l’attention et la sympathie des autres. A chaque fois qu’un tiers nous écoute et compatis avec nous, nous obtenons un like. Par exemple, vous êtes adolescent et votre professeur en vous rendant une copie vous dit devant tout le monde que votre copie montre bien que vous avez un courant d’air entre les deux oreilles… Très déplaisant et réducteur. Il sera pour vous bien plus « banckable » de dire à vos amis que c’est honteux de vous traiter ainsi, qu’elle-même est une idiote etc. Bien entendu la remarque est désagréable et même injuste, vous vous êtes senti(e) humilié(e). Pour autant, vous ne prenez pas ici la responsabilité d’un travail bâclé fait à la va vite. Vous ne vous attardez pas sur le fond du problème qui est votre manque de motivation au travail. Quant à ce professeur, peut-être espérait-il vous faire réagir, ou alors il est fatigué d’avoir lu 30 copies inintéressantes et la seule créativité qu’il a trouvé est de faire des commentaires acerbes…


C’est une mauvaise stratégie mais qui est tout à fait humaine. Il est important de prendre sa part de responsabilité lorsqu’elle existe. Aussi, Nous ne pouvons pas construire toute une vie sur un mensonge auquel nous avons cru et il est alors vraiment compliqué de faire machine arrière. Mais c’est possible ! D’ailleurs, plus on s’occupe de nos problématiques de rancœur tôt et plus cela se fera facilement.


La technique pour pardonner


Dans un premier temps, essayez d’être honnête envers vous-même en acceptant que 2 thèses existent au moins. Une fois que vous aurez admis cela, vous pourrez revenir à votre thèse habituelle. Mais, en regardant de près, vous n’y mettrez plus autant de rage ou de colère car vous saurez qu’il existe une autre possibilité. Et petit, à petit votre colère pourra s’apaiser, voir se guérir.


Par ailleurs, si vous avez de la colère en vous, je vous conseille de l’exprimer en l’écrivant puis en brûlant symboliquement la feuille, en tapant sur un oreiller, en allant crier dans un bois, etc.


Vous pouvez aussi essayer de vous renseigner sur l’autre pour tenter de comprendre ce qui s’est joué pour lui/elle. L’objectif n’est pas forcément d’aller vers l’autre et de lui dire « Je te pardonne ». D’ailleurs cela pourrait être très mal pris sauf si cette personne vous l’a expressément demandé. L’objectif est de vous apaiser vous ! De vous sentir mieux, en paix.


Je vous coeurise

Laurence

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