• laurence villeneuve

Quels sont les avantages à pardonner - Partie 2 les Neurosciences




Les conséquences sur notre corps et les études réalisées sur le pardon


Cette partie va nous permettre d’avoir la vision, le prisme des neurosciences sur le sujet. Il est intéressant de voir ce qui se joue au niveau du métabolisme et aussi quelles études ont été réalisées.


Notre corps va être impacté par différentes sensations corporelles. Notre estomac se contracte, notre cœur peut s’emballer sous la pression de la colère ou de la rage qui monte en nous.

Et là nous produisons du cortisol. 5 minutes de colère est égal à 5 heures de cortisol dans notre corps. Le cortisol stimule la dégradation protéique et graisseuse dans la plupart des tissus (sauf le système nerveux). Le cortisol, petit à petit, va attaquer nos cellules sur le long terme. Aussi cela augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle. Bien sûr le cortisol a aussi des bénéfices lorsque nous en avons de manière modérée. Mais à haute dose, il entraîne aussi des insomnies. Donc imaginez une personne qui est en colère quasi tous les jours… D’ailleurs les conséquences dans le temps est le développement de dépression.


Le psychologue américain Thomas Baumgartner qui étudie le pardon depuis plus de 30 ans, nous rappelle qu’il ne faut pas confondre pardon et réconciliation. Vous pouvez pardonner à une personne en qui vous n’avez plus confiance.


Le pardon se réalise en 3 temps :

1. La reconnaissance du mal qui nous a été fait

2. La résolution de ne plus alimenter de ressentiment envers celui ou celle qui vous a blessé

3. L’essai, car c’est le plus difficile, de ressentir de la compassion pour l’autre. Processus difficile mais je vous ai donné la méthode cinématographique dans la partie 1.


Changer notre vision sur l’autre est un mécanisme neuronal complexe qui fait appel à nos facultés de maitrise des émotions et d’empathie ainsi qu’à nos capacités cognitives.


Comment fonctionne la rancœur

Lorsque nous nous disputons avec une personne, nous avons tendance à amplifier le mal causé par l’autre. Notre cerveau aime accorder de l’importance à ce qui pourrait nous menacer.

Cela vient d’une mécanique ancestrale. Nous sommes conditionné(e)s pour la survie. En effet, tout ce qui peut nous mettre en danger vient directement dans notre cerveau reptilien et s’y engramme facilement. Il en va de notre survie. Sauf qu’aujourd’hui nous n’avons quasiment plus de situation de survie vitale mais le mécanisme reste. Les pensées positives, elles, ne s’imprime pas aussi facilement.

Donc nos propres pensées négatives que nous alimentons créées notre mal être.


Prendre la décision de stopper ce mécanisme


Lorsque nous décidons de réagir différemment, c’est-à-dire de se dire que la personne qui nous a blessé n’était peut-être pas dans une bonne journée, qu’elle a des soucis, que finalement on a eu ensemble plein de bons moments et qu’elle a toujours été là pour nous. Bref, voir les choses sous un autre angle comme j’en parlais dans la première partie. Alors, quand nous abandonnons cette rancune nous passons au soulagement.


Que se passe-t-il au niveau de notre cerveau ?

C’est encore un mystère ce qui se passe dans notre cerveau. Des chercheurs de l’université de Pise, en Italie, ont ainsi étudié par imagerie à résonance magnétique (IRM) les cerveaux de 10 volontaires en situation de pardon. Résultat, lorsque nous pardonnons, nous mettons en action un système vraiment complexe : nous stimulons le cortex préfrontal dorsolatéral, une zone qui régule les émotions mais aussi le cortex inféropariétal et le précuneus, deux régions liées à l’empathie et à notre capacité à nous mettre à la place de l’autre.


Les fonctions les plus évoluées du cerveau sont mises en branle en utilisant notre capacité à se mettre à la place de l’autre, c’est-à-dire l’empathie. Nous sommes ainsi capables d’imaginer les pensées et ressentis de l’autre. ”C’est un processus cognitif et émotionnel qui élimine l’hostilité chronique, les ruminations et leurs effets négatifs : une stratégie positive pour surpasser une situation qui sinon constituerait une source majeure de stress d’un point de vue psychologique et neurobiologique”, écrivent les chercheurs de l’université de Pise dans leur étude.


Le pardon agit sur notre santé

De nombreux scientifiques notent de nos jours un lien clair entre pardon et santé sur le long terme. Une étude menée en 2007 par Robert Enright a ainsi montré que les personnes souffrant de maladies coronariennes pouvaient voir leur état s’améliorer après avoir suivi une thérapie spéciale. D’autres chercheurs évoquent un meilleur système immunitaire ou une tension plus saine.


A qui pardonnons-nous le plus facilement ?

Nous accordons plus facilement notre pardon à certaines personnes qu’à d’autres. Et bien une étude réalisée par le chercheur suisse Thomas Baumgartner, nous montre que nous pardonnons plus facilement aux personnes appartenant à notre groupe. Cette étude a rassemblé des personnes de deux groupes existants, les supporteurs d’un club de foot et les adhérents d’un parti politique. Il leur a proposé de jouer ensemble à une version soft du “dilemme du prisonnier”, un test psychologique célèbre (deux complices d’un crime sont emprisonnés dans deux cellules différentes sans pouvoir communiquer. Si l’un dénonce l’autre, il sera libéré. Si les deux se dénoncent, ils partagent la peine. S’ils se taisent tous les deux et restent solidaires, ils n’auront qu’une peine légère). Puis les participants ont été jugés par un membre de l’un ou l’autre groupe. Sans surprise, les supporteurs du club de foot ont généralement puni plus durement les membres du parti politique qui n’avaient pas coopéré avec les leurs que les “traîtres” issus de leur propre groupe. Et vice versa.


La matière grise et blanche de notre cerveau joue un rôle

Seules quelques personnes se sont montrées impartiales, capables donc de pardonner même aux membres de l’autre clan. Une particularité liée… à la biologie ! Nous sommes ainsi plus ou moins capables de pardonner, selon la densité en matière grise et blanche des zones de notre cerveau chargées de la théorie de l’esprit. ”Nous avons montré dans cette étude que plus ils avaient de matière grise et blanche dans cette zone, moins les volontaires punissaient durement les membres de l’autre groupe, explique Thomas Baumgartner. Donc, plus ces personnes étaient capables de pardon.”


Il n’y a pas de baguette magique, pardonner est un processus intime qui peut prendre du temps en fonction du mal perçu. Il faut aussi une dose de volonté non négligeable.


Développez votre matière grise par la méditation

“Nous savons aujourd’hui que les personnes ayant une densité de matière grise importante dans la zone du cortex chargée de ce qu’on appelle le “système de mentalisation” ou la “théorie de l’esprit”, soit notre capacité à imaginer les pensées de l’autre, sont celles qui ont le plus de facilité à pardonner. Mais rien n’est perdu car le cerveau est très plastique. Si vous voulez vous engager sur la voie du pardon, vous pouvez entraîner votre système de mentalisation et vos capacités d’empathie. Comment faire ? Il existe de nombreuses techniques d’entraînement cérébral. L’une des plus efficaces est la méditation. Celle-ci compte plusieurs techniques qui ont un impact important sur le fonctionnement et la structure du cerveau en augmentant la densité de matière grise dans ces régions cérébrales.”

Thomas Baumgartner, neuroscientifique (chercheur à l’université de Bern, spécialiste des neurosciences affectives et sociales).


La partie 2 est tirée de l’article « Pourquoi faut-il pardonner selon les Neurosciences de Anne GUION.


Nous avons vu les mécanismes neuronaux, des études comportementales ainsi qu’une méthode ou des thérapies existantes pour arriver au pardon. Les choses sont maintenant entre nos mains. Personnellement, j’ai utilisé lors de ma vie la méthode décrite dans la partie 1 de l’article et j’y ai vraiment trouvé une paix de l’esprit et de meilleurs rapports avec la personne pour qui je nourrissais de la rancœur. Je vous la souhaite de tout mon cœur et n’hésitez pas à vous faire accompagner. Non seulement vous vous sentirez mieux mais en plus vous aurez une meilleure santé.


Je vous coeurise

75 vues0 commentaire